C’est sur un terrain donné par le marquis de Castellane au XVIIIe siècle qu’est construite la place portant son nom. À l’origine, cette place était ornée d’un obélisque qui est aujourd’hui visible au rond-point de Mazargues.
Ce monument a laissé sa place à la fontaine actuelle, la fontaine Cantini érigée entre 1911 et 1913, sculptée par André Joseph Allar. Offerte par le marbrier Jules Cantini, réalisée en marbre de Carrare, alignée avec la porte d’Aix située à l’entrée nord de la ville, elle représente les trois principaux cours d’eau de la Provence : la Durance, le Rhône et le Gardon ainsi que la Méditerranée, le tout dominé par l’allégorie de Marseille.
La place Castellane, située au cœur de Marseille, constitue un carrefour majeur qui relie le centre-ville (rue de Rome, Canebière et Vieux-Port) à l’avenue du Prado et aux plages de Marseille. Ses terrasses de cafés en font une place animée en journée, très fréquentée et pleine de charme.
Anciennement dénommé boulevard du Sud, c’est Anthelme Bernex, ancien maire de Marseille, qui lui donne son nom en 1844 en comparaison avec le célèbre Prado de Madrid. Cette artère, la plus importante de Marseille, a été créée en 1839 pour rendre hommage à la visite du duc d’Orléans dans la cité. Ce fut à l’époque un grand chantier car il fallut y assainir des terrains marécageux.
À l’origine, on pouvait y admirer, jusqu’en 1875, une fontaine équipée d’un jet d’eau de 36 mètres de haut symbolisant cette victoire sur une nature hostile, mais l’arrivée des tramways et la mise en place des rails conduisirent à sa démolition.
Située à cheval sur les 8e et 6e arrondissements, cette large avenue de 3 400 mètres de long et 60 de large prolonge la rue de Rome depuis la place Castellane jusqu’aux plages du Prado. Cette immense avenue a une forme particulière, en équerre, avec une première portion qui s’étend de la place Castellane au rond-point du Prado (à 100 mètres du stade Vélodrome), puis une seconde qui prend la direction de la statue de David.
Le développement des quartiers voisins s’effectue à la fin du XIXe siècle de façon différente de part et d’autre de l’avenue. À l’est se développent des usines et des habitations ouvrières (aujourd’hui ce quartier est en cours de rénovation), à l’ouest en revanche se développe sur les deux parties du Prado un très grand espace résidentiel occupé par la bourgeoisie marseillaise, ce qui forme aujourd’hui l’essentiel du 8e arrondissement de Marseille.
Cette avenue a longtemps tiré son charme de la magnifique voûte de verdure que constituaient ses allées de platanes : les Marseillais allaient y chercher un peu de fraîcheur durant la période estivale, il faisait bon s’y promener. Malheureusement, la maladie du chancre, importée des États-Unis à la Libération par les troupes américaines, fit disparaître tous les platanes. Elle se propagea sur l’avenue du Prado de manière foudroyante. Aujourd’hui, les platanes ont été remplacés par des micocouliers et des tilleuls argentés.
À noter : du lundi au samedi, l’animation toute méditerranéenne qui s’empare d’une grande partie de l’avenue, car le plus grand marché de Marseille s’y déroule jusqu’à 13 heures. On y trouve des produits frais, de l’habillement ainsi que, tous les vendredis, un marché aux fleurs.